Albert Camus à Oran

Publié le par pierre-sauveur

Albert Camus à Oran

Albert Camus né en Algérie en 1913, à Mondovi, dans la région de Bône, a séjourné à Oran, à l'âge de 28 ans, durant 15 mois, en 1941 et 1942. J'ai découvert, un peu par hasard, le livre d'Abdelkader Djemaï préfacé par Emmanuel Roblès Camus à Oran, paru en 1995 dont voici quelques extraits.

Albert Camus à Oran

“En 1941, Camus enseigne l’histoire et la géographie dans un collège privé “aux places limitées” dénommé “Les Etudes Françaises”, situé au 18 de la rue Paixhans, face au lycée Lamoricière, rebaptisé dans les années 70 lycée Pasteur.

Cet établissement, une grande maison de maître, accueillait pour des cours de rattrapage, des élèves de la neuvième à la terminale.

Visée par la censure de Vichy, une publicité parue le 18 septembre 1941 dans l’Echo d’Oran indique que sa direction et ses professeurs sont “intégralement français”

Albert Camus à Oran

 

“[…] Allons, cher Abdelkader Djemaï, il nous faut admettre qu’en dépit des notations satiriques du Minotaure, l’Algérois Albert Camus, de son propre aveu, a bel et bien vécu dans notre ville des heures profondément heureuses.”

Il faut admettre aussi qu’en 1941, Camus est professeur d’Histoire-Géographie parce qu’il ne trouve pas de place en tant que professeur de philosophie, et que si Jean-Michel Guirao crée la revue Simoun en 1952, c’est parce qu’au sortir de la guerre, selon ses propres critères, il ne se passe rien sur le plan culturel à Oran.

 
Albert Camus à Oran
Albert Camus passe au cours Descartes

“Camus collabore aussi avec André Bénichou, professeur de philosophie au lycée Lamoricière et fin connaisseur de l’oeuvre de Proust. Bénichou ouvrira une petite école privée après la décision du gouvernement de Vichy de chasser les juifs des écoles.

Les cours étaient donnés dans des appartements, comme celui du 11, boulevard Gallieni, anciennement boulevard du Lycée, avant que Bénichou puisse créer, après la guerre, le fameux cours Descartes, l’établissement du 22, rue Cavaignac où bon nombre d’Oranais ont été formés.

En 1953, après avoir dirigé la revue Caliban, à laquelle collaborait Camus, le journaliste et écrivain Jean Daniel y enseignera la philosophie et la littérature. L’historien Marc Ferro fera aussi partie des professeurs.”

Albert Camus à Oran

“Bénichou et Camus, qui donnait des cours de français, déjeunaient souvent au Belvédère, un restaurant de style mauresque qui dominait, sur le flanc du Murdjadjo, le quartier des Planteurs et sa pinède.”

Mais ils aimaient bien faire la fête du côté de Canastel, en bande.

“[…] ils aimaient se détendre en compagnie de leurs épouses et du docteur Henri Cohen, à qui on doit les photos des deux amis. Il leur interdisait, l’un tuberculeux (Camus) et l’autre souffrant du coeur (Bénichou), de boire et de fumer.”

Publié dans Livres

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